Externes 1.0

http://chatonsky.net/vie-vassiviere/

Avec Isabelle Andriessen, Bianca Bondi, Dora Budor, Tiphaine Calmettes, Grégory Chatonsky, Rochelle Goldberg, Laure Vigna et Flora Katz, curatrice

Un système vivant et un système technique communiquent.

Des capteurs d’humidité, de vibration, de distance sont placés sur des arbres morts habités par d’autres vies : des insectes, des champignons, des mousses. Ces capteurs détectent d’infimes variations qui sont envoyées dans une autre salle où un film est généré en temps réel par une intelligence artificielle.

Celle-ci, nourrie par des milliers d’encyclopédies d’histoire naturelle, invente des modes de vie alternative,  crédible mais irréelle, évoluant selon une étrange et artificielle morphogenèse. Des images surréelles s’affichent et l’IA tente de les décrire alternant un langage poétique et un langage scientifique, nous racontant ces vies qui n’existent pas (encore). Ses erreurs d’interprétation sont autant d’occasion pour le spectateur de tenter de la comprendre et de se mettre à sa place, une place impossible pour l’être humain.


Externes est un écosystème en 3 chapitres (capture, complétion, simulation) brouillant les frontières entre le vif et le mort (ce dernier servant de support au premier), le technique et le naturel, la réalité et les possibles. Ce trouble s’effectue par une communication hybride entre des règnes différents et par des dimensions de temps et de visibilité qui outrepassent les capacités humaines et qui ouvrent un monde qui nous excède.

Reprenant la scénographie des musées d’histoire naturelle en les mêlant avec des reprises ironiques de dispositifs artistiques, en particulier Hans Haacke, un sous-texte apparaît consistant en l’impossibilité de l’exposition par un dédoublement de l’autonomie (une exposition dans l’exposition).

Il s’agit de mettre en crise les divisions modernes tout autant que celles qui servent souvent à leur critique. C’est principalement la distinction entre nature et technique qui est questionnée avec Externes.

A living system and a technical system communicate.

Sensors of humidity, vibration and distance are placed on dead trees inhabited by other lives: insects, mushrooms, mosses. These sensors detect minute variations that are sent to another room where a film is generated in real time by an artificial intelligence. This one, fed by thousands of natural history encyclopedias, invents alternative ways of life, credible but unreal, evolving according to a strange and artificial morphogenesis. Surreal images are displayed and the AI tries to describe them, alternating a poetic language with a scientific one, telling us about these lives that do not exist (yet). Its misinterpretations are opportunities for the viewer to try to understand it and to put himself in its place, a place impossible for the human being.


Externes is an ecosystem in 3 chapters (capture, completion, simulation) blurring the boundaries between the living and the dead (the latter serving as a support to the former), the technical and the natural, reality and the possible. This disorder is carried out by a hybrid communication between different kingdoms and by dimensions of time and visibility which exceed the human capacities and which open a world which exceeds us.


Taking up the scenography of the museums of natural history by mixing them with resumptions of artistic devices, in particular Hans Haacke, a subtext appears consisting in the impossibility of the exhibition by a doubling of the autonomy (an exhibition in the exhibition).

It is a question of putting in crisis the modern divisions as much as those which often serve for their criticism. It is mainly the separation between nature and technique which is made obsolete with Externes.