Readonlymemories VI

Musique: Olivier Alary
ComfyUI, Flux Kontext, Llava-phi, Wan 2.6
UHD, 00:35:00

La chaleur. Une présence. Dans la pièce, les objets ne disent rien. Un homme dessine. Les lignes se répètent. Il dit : le corps est une cage, mais les barreaux sont de soie. Dehors, la ville. Il attend.

Elle entre. Froide. Elle a été lumière autrefois, dans une chambre fermée. Ils se regardent. Longtemps. Sans savoir. « On ne guérit pas du vertige, dit-il. On apprend à tomber. » La montre s’est arrêtée.

Ils parlent de la mer. D’une plage. Le vent frappait leurs visages. Mais le souvenir disparaît en même temps qu’il est dit. Ils sont interchangeables. Quelqu’un les observe, derrière la vitre. On ne sait pas qui.

Sur la table : un chapeau. C’est tout ce qui reste. Ils s’observent. Le détail devient important, mais aucun détail ne signifie rien. Puis il dit, très bas : ce que je crois me rappeler n’a jamais eu lieu. Elle ne répond pas. Il faudrait commencer. Ou arrêter. Ou continuer comme avant, immobile.


Grégory Chatonsky a créé un agent capable de créer des versions alternatives de films. Ici, l’artiste revient une fois de plus à Vertigo (1958), film qu’il n’a cessé de retravailler au fil des décennies. On change automatiquement l’axe de chaque plan, puis une IA va analyser chacune de ces images regénérées pour “prévoir” ce qui se passe dans les 5 secondes suivantes. Ces prédictions textuelles deviennent des prompts destinés à générer nouvelles vidéos, créant ainsi un cycle infini de transformation.

Le résultat est un film second, issu de la mémoire regénérée et dégénérée du film original. Les personnages semblent errants, changer de visages, en quête perpétuelle d’une histoire, d’un événement qui se dérobe, d’un monde qui s’effrite. Les images se déploient en variations obsessionnelles, où Vertigo apparaît comme une matrice du cinéma lui-même, un récit qui se rejoue indéfiniment dans ses propres obsessions et perversions visuelles. L’IA a servi a compléter, à poursuivre, à intensifier cette perversion interne.

Olivier Alary a réalisé la composition musicale.


Grégory Chatonsky has created an agent capable of generating alternative versions of films. Here, the artist returns once again to Vertigo (1958), a film he has continuously reworked over the decades. The axis of each shot is automatically altered, then an AI analyzes each of these regenerated images to “predict” what happens in the following 5 seconds. These textual predictions become prompts designed to generate new videos, thus creating an infinite cycle of transformation.

The result is a second film, born from the regenerated and degraded memory of the original film. The characters seem to wander, changing faces, in perpetual quest for a story, for an event that eludes them, for a world that crumbles. The images unfold in obsessive variations, where Vertigo appears as a matrix of cinema itself, a narrative that endlessly replays itself within its own obsessions and visual perversions. The AI served to complete, pursue, and intensify this internal perversion.

Olivier Alary composed the music.