Completion 1.0


Complétion 1.0 est une IA qui construit une histoire alternative de la photographie : à partir de millions de documents passés, le dispositif prédit, produit, génère et décrit une infinité d’autres images.

Il s’agit d’une installation composée de deux écrans LED, d’une source sonore directionnelle et de structures en aluminium.

Un écran est posé au sol et diffuse sur une durée de plusieurs années, 14 millions d’images provenant d’image-net, un dataset utilisé pour nourrir une IA. Cet ensemble de données couvre la quasi-totalité du monde.

Un second écran est fixé dans la structure et montre la navigation dans l’espace latent d’image-net en mêlant des catégories visuelles hétérogènes produisant des images hybrides et réalistes mais qui ne sont plus photoréalistes. On entend une voix de synthèse qui décrit les images de l’écran dans un style s’inspirant des écrits esthétiques du XXème siècle sur la photographie. L’IA produit donc des images et les décrit récursivement faisant parfois des erreurs que nous tentons d’interpréter.

Un logiciel permet de modéliser un espace (sol et mur) et de générer, à partir des éléments physiques disponibles, une installation unique. Il suffit alors de monter l’installation selon la proposition du logiciel. Cette variabilité matérielle incarne la variabilité statistique de l’IA.

Si la photographie avait déterminée le réalisme depuis la révolution industrielle, Complétion 1.0 souligne l’émergence d’une nouvelle forme de réalisme qui bien que nourrit de photographies n’est plus photographique mais inductif et statistique. C’est un réalisme à la hauteur de l’hypermnésie du Web et de l’accumulation des mémoires car il en fait une synthèse prédictive. Cette dernière questionne la construction de l’Histoire car à partir des données passées, elle génère des possibilités contrefactuelles.

Commande du CNAP dans le cadre de Photographie 3.0.

Completion 1.0 is an AI that builds an alternative history of photography: from millions of past documents, the device predicts, produces and generates and describes an infinity of other images.

It is an installation composed of two LED screens, a directional sound source and aluminum elements.

One screen is placed on the ground and broadcasts over a period of several years 14 million images from image-net, a dataset used to feed an AI. A second screen is fixed in the structure and shows the navigation in the latent space of image-net by mixing heterogeneous visual categories producing realistic images but which are no longer photorealistic. We hear a synthetic voice describing the images on the screen in a style inspired by the aesthetic writings of the 20th century on photography. The AI produces images and describes them recursively, sometimes making mistakes that we try to interpret.

A software program allows to model a space (floor and wall) and to generate, from the physical elements available, a unique installation. It is then sufficient to assemble the installation according to the software’s proposal. This material variability embodies the statistical variability of AI.

If photography had determined realism since the industrial revolution, Completion 1.0 underlines the emergence of a new form of realism which, although fed by photographs, is no longer photographic but inductive and statistical. It is a realism at the height of the hypermnesia of the Web and of the accumulation of memories because it makes a predictive synthesis of it. The latter questions the construction of History because from past data, it generates counterfactual possibilities.

Commissioned by the CNAP as part of Photography 3.0.