Se toucher toi

Installation interactive,
capteurs, vidéo, base de données
Dimensions variables
Production: Le Fresnoy, Studio national des arts contemporains

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“Ma main se sent touchée aussi bien qu’elle touche. Réel veut dire cela, rien de plus.”

Paul Valery, Mon Faust, Œuvres Pléiade, Tome 2

Cette installation interactive propose une expérience tactile médiatisée par l’interface numérique. Le dispositif comprend une surface vitrée équipée de capteurs qui détectent les mouvements de la main du visiteur, permettant de manipuler à distance les images vidéo de deux mains, l’une masculine et l’autre féminine.

L’interaction initiale offre au spectateur un contrôle apparent sur ces représentations, lui permettant de diriger leurs mouvements, de provoquer leur contact ou leur séparation. Cependant, après un certain temps, les images semblent s’émanciper de cette manipulation directe. Cette autonomie apparente résulte de la connexion du dispositif à un réseau plus large, incluant d’autres installations physiques et une présence en ligne, où d’autres participants interagissent simultanément avec le système.

L’œuvre enregistre l’ensemble des interactions dans une base de données, constituant une archive des gestes qui peut être rejouée ultérieurement. Ce processus d’enregistrement et de restitution interroge les notions de présence, d’intimité à distance et de mémoire gestuelle dans l’espace numérique, tout en révélant la dimension collective et différée des interactions technologiquement médiatisées.

Programmation: Vadim Bernard, Stéphane Sikora

Remerciements: Alain Fleischer, Éric Prigent


Paul Valéry

“My hand feels itself touched as much as it touches. ‘Real’ means that, and nothing more.” Mon Faust, Œuvres Pléiade, Vol. 2

This interactive installation offers a tactile experience mediated by a digital interface. The device consists of a glass surface equipped with sensors that detect the movements of the visitor’s hand, allowing them to remotely manipulate video images of two hands—one male and one female.

The initial interaction grants the spectator apparent control over these representations, allowing them to direct their movements, or to trigger their contact or separation. However, after a certain period, the images seem to emancipate themselves from this direct manipulation. This apparent autonomy results from the system’s connection to a wider network, including other physical installations and an online presence, where other participants interact with the system simultaneously.

The work records all interactions in a database, constituting an archive of gestures that can be replayed later. This process of recording and playback interrogates notions of presence, intimacy at a distance, and gestural memory within the digital space, while revealing the collective and deferred dimension of technologically mediated interactions.

Programming: Vadim Bernard, Stéphane Sikora

Acknowledgements: Alain Fleischer, Éric Prigent