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Ecire et faire écrire avec l’IA, Sorbonne – Abu Dhabi

https://ifprofs.org/info/Colloque-EFEIA-29-30-octobre-8-invites-8-jours/6ad297150dbdb

L’intelligence artificielle n’est pas un simple outil pour écrire plus vite : elle inaugure l’« imagination artificielle » (ImA). Il s’agit d’une expérimentation où l’écriture devient une relation réciproque avec un automate, transformant nos facultés créatives dans le va-et-vient entre un espace latent statistique et un espace latent organique.

Pourtant, avouer une telle collaboration déclenche une ère du soupçon. Le public ne lit plus les textes : il cherche l’origine, mandatant des logiciels détecteurs qui analysent les phrases comme des scènes de crime. Ces outils évaluent des probabilités plutôt que des sens, tandis que d’autres programmes modifient les phrases pour les « humaniser », instaurant une comédie où les machines contrôlent les machines.

On oublie ainsi que la langue et la mémoire ont toujours été circulaires, collectives et traversées d’influences. Chercher un auteur unique ou un « filigrane » d’authenticité est une illusion. Travailler avec des modèles épuise l’intention au profit d’une écoute lente. Il faut dépasser le procès d’intention pour réapprendre à lire : habiter le texte sans juger de sa provenance et y accepter la rencontre entre deux solitudes.


Artificial intelligence is not merely a tool for writing faster: it heralds “artificial imagination” (ArtIm). It is an experiment where writing becomes a reciprocal relationship with an automaton, transforming our creative faculties in the back-and-forth between a statistical latent space and an organic latent space.

Yet, admitting to such a collaboration triggers an era of suspicion. The public no longer reads texts: it searches for their origin, tasking detector software to analyze sentences like crime scenes. These tools evaluate probabilities rather than meaning, while other programs modify sentences to “humanize” them, establishing a comedy in which machines check machines.

We thus forget that language and memory have always been circular, collective, and traversed by influences. Seeking a single author or a “watermark” of authenticity is an illusion. Working with models exhausts intention in favor of slow listening. We must move beyond the trial of intent to relearn how to read: inhabiting the text without judging its origin, and accepting within it the encounter between two solitudes.