Readonlymemories
Impression Lambda sur Plexi, boîtier Black American Box
Dimensions variables
Collection publique: Maison Européenne de la Photographie (Paris, France)










Cette œuvre opère une transformation fondamentale de la temporalité cinématographique en spatialité photographique. Le dispositif convertit la succession d’images filmiques, normalement déroulées dans la durée, en une représentation synchronique où tous les moments coexistent simultanément dans l’espace visuel.
Les fresques photographiques présentent des lieux emblématiques du cinéma – l’immeuble de “Fenêtre sur cour” d’Alfred Hitchcock, la chambre de Dorothy dans “Blue Velvet” de David Lynch, ou les frères jumeaux de “Faux-semblants” de David Cronenberg – sous une forme panoramique inédite. Le procédé révèle la totalité d’espaces que le spectateur n’a perçus qu’en fragments temporels discontinus lors du visionnage des films.
Cette spatialisation du temps cinématographique s’inscrit dans une réflexion sur notre perception cognitive des lieux fictionnels. Comme l’évoque Patrice Maniglier, nous reconstituons mentalement les espaces filmiques en “collant soigneusement” les bordures des plans successifs. L’artiste matérialise ici ce processus perceptif en dépliant le flux temporel du film pour le transformer en architecture visuelle cohérente.
En suspendant la temporalité au profit d’une cartographie complète, l’œuvre révèle la mémoire spatiale implicite contenue dans le médium cinématographique. Le titre Readonlymemories fait référence à cette mémoire en lecture seule, déjà inscrite dans notre conscience spectatorielle mais jamais entièrement accessible dans l’expérience filmique conventionnelle.
This work performs a fundamental transformation of cinematographic temporality into photographic spatiality. The system converts the succession of filmic images, which normally unfold over time, into a synchronic representation where all moments coexist simultaneously within the visual space.
The photographic frescoes present iconic cinematic locations—the building from Alfred Hitchcock’s Rear Window, Dorothy’s room in David Lynch’s Blue Velvet, or the twin brothers in David Cronenberg’s Dead Ringers—in an unprecedented panoramic form. The process reveals the entirety of spaces that the viewer only perceived as discontinuous temporal fragments during the watching of the films.
This spatialization of cinematic time is part of a reflection on our cognitive perception of fictional places. As Patrice Maniglier suggests, we mentally reconstruct filmic spaces by “carefully gluing” the edges of successive shots. Here, the artist materializes this perceptive process by unfolding the film’s temporal flow to transform it into a coherent visual architecture.
By suspending temporality in favor of a complete mapping, the work reveals the implicit spatial memory contained within the cinematographic medium. The title Readonlymemories refers to this read-only memory, already inscribed in our spectatorial consciousness but never fully accessible in the conventional filmic experience.