Telofossils II – Beijing

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Les espèces vivantes naissent et disparaisssent Nous sommes une espèce vivante. Nous allons disparaître. À cause de la pollution, des météorites, des maladies, de tout ce qu’on ne sait pas. Nous ne pouvons pas le prévoir, mais nous le savons. Nous disparaîtrons et personne ne pensera à cette disparition.
La terre retourne muette et sous sa surface des milliards de fossiles, tous ces objets industriels nous avons des produits qui ne servent plus à personne.
Pendant ce temps, nous continuons à tout mémoriser : nous prenons des photos, nous consultons notre téléphone, nous sommes sur Internet et enregistrons toutes nos actions à la machine, nous tombons amoureux et nous rompons, nous cherchons toujours quelque chose. Nous ne voulons rien oublier parce que nous savons que nous allons disparaître.

L’exposition « Télofossiles » place les spectateurs dans la position impossible de leur propre disparition : après l’extinction de l’espèce humaine, « Télofossiles » est un musée en hommage à ce que nous avons été. Un autre espèce, vivante ou technique peu importe, découvre dans quelques centaines d’années une planète sans vie. Cette espèce creuse le sol pour découvrir les traces de ce que nous avons été. Les traces les plus récentes, les nôtres, sont très nombreuses à cause de l’industrialisation de la production : nos déchets sont devenus des traces archéologiques qui permettent à cette autre espèce d’imaginer, par déduction, ce que nous avons été. « Télofossiles » est donc un musée futur de notre présent qui est devenu un passé. Ce musée nous permet de prendre de la distance par rapport au présent et de mieux comprendre ce que nous sommes en train de faire.

Dans la première salle, on voit des céramiques violettes qui sont les empreintes d’objets industriels. Sur des structures en métal, des tissus avec des textures de corps dépliées. La photographie d’un écran cassé.
Dans la seconde salle, un ordinateur dans lequel on a laissé des virus informatiques se développer comme un jardin. On visualise l’activité de ces virus par des dégradés de couleurs dont le résultat est imprimé tous les mois.
La troisième salle est composée d’une vidéo avec des sentiments accumulés sur Twitter accompagnés d’images trouvées sur YouTube d’adolescents pleurant devant la caméra et de structures en métal avec des écrans qui diffusent des numérisations 3d des sculptures dans l’espace suivant comme une anticipation de la disparition de l’exposition elle-même.
La quatrième salle, qui donne son titre à l’exposition, est un musée à l’humanité disparue. Tout d’abord avec le Web qui juste avant l’extinction a été une technique hypermnésique comme si les êtres humains fuyant leur propre disparition voulaient tout mémoriser. Des objets (clavier, souris, vêtement) sont imprimés sur des feuilles de plastique noir. Enfin, des sculptures monumentales sont un champ de fouille après notre extinction où une autre intelligence a découvert nos productions industrielles : voiture, moteur, ordinateur, câble, data center, disque dur, etc. Les objets sont revenus à leur état minéral, à des cycles géologiques qui ne correspondent plus à notre temporalité. Une grande projection représente le paysage d’une planète totalement minérale, fascinante et sans vie.

La dernière salle, à l’étage, est composé de plusieurs pieds de moniteurs pris dans la pierre, de dessins réalisés à la main représentent des plans d’architecte en vue isométrique de bâtiments détruits : quel architecte a planifié cette destruction ? Une vidéo reprend tous les objets du roman « La Route » grâce à un moteur de jeu vidéo.

Tout se passe comme si l’exposition était un environnement mi-technique mi-naturel qui continuait à fonctionner sans être humain.

Living species born and die. We are a living species. We will disappear. Because of the pollution, meteor, illness, anything that we have no idea. We can not predict it, but we know it. We will disappear and no one will think this disappearance. Earth return dumb and beneath its surface billions of fossils, all these industrial objects we have products that no longer serve anyone.
Meanwhile, we continue to memorize everything : we take photographs, we consult our phone, we’re on the Internet and machine record all our actions, we fall in love and we break up, we are always looking for something. We don’t want to forget anything because we know we are going to disappear.

The exhibition « Telofossils » places the spectators in the impossible position of their own disappearance: after the extinction of the human species, « Telofossils » is a museum in homage to what we have been. Another species, living or technical whatever, will discover in a few hundred years a lifeless planet. This species digs the ground to discover the traces of who we were. The most recent traces, ours, are very numerous because of the industrialization of production: our waste has become archaeological traces that allow this other species to imagine, by deduction, what we have been. « Telofossils » is therefore a future museum of our present that has become a past. This museum allows us to distance ourselves from the present and to better understand what we are doing.

In the first room, we see purple ceramics that are the prints of industrial objects. On metal structures, fabrics with unfolded body textures. The photograph of a broken screen.
In the second room, a computer in which computer viruses have been allowed to develop like a garden. The activity of these viruses is visualized by color gradients, the result of which is printed every month.
The third room is composed of a video with feelings accumulated on Twitter accompanied by images found on YouTube of teenagers crying in front of the camera and metal structures with screens that broadcast 3D digitizations of the sculptures in the following space as an anticipation of the disappearance of the exhibition itself.
The fourth room, which gives its title to the exhibition, is a museum of vanished humanity. First of all with the Web which just before extinction was a hypermnesic technique as if human beings fleeing their own disappearance wanted to memorize everything. Objects (keyboard, mouse, clothing) are printed on black plastic sheets. Finally, monumental sculptures are a field of excavation after our extinction where another intelligence has discovered our industrial productions: car, engine, computer, cable, data center, hard disk, etc. The objects have returned to their mineral state, to geological cycles that no longer correspond to our temporality. A large projection represents the landscape of a totally mineral, fascinating and lifeless planet.

The last room, on the first floor, is composed of several feet of monitors caught in the stone, handmade drawings represent architect’s plans for the isometric view of destroyed buildings: which architect planned this destruction? A video shows all the objects of the novel « The Road » thanks to a video game engine.

Everything happens as if the exhibition were a half-technical, half-natural environment that continues to function without being human.

Press:
The creators project
On posthuman material culture
China Daily
Artron
99 ys
http://gb.cri.cn/42071/2015/04/27/7371s4944567.htm
http://gallery.artron.net/20150427/n735314.html
http://www.oushinet.com/sight/HD/20150518/193575.html
http://art.ifeng.com/2015/0528/104380.shtml

Unicorn Art Centre (Caochangdi District, Beijing), april-may 2015
Wuhan Museum, june-july 2015
With Dominique Sirois (sculpture) & Christophe Charles (audio)
With the support of Institut Français