Perfect Skin — Montréal, CA

19 janvier – 10 mars 2018
Vernissage : 18 janvier

Diagonale
5455 Avenue de Gaspé
Montréal, QC H2T 3B3
Canada
« A living body seen from too close, and lacking any background against which it could stand out, is no longer a living body, but rather a material mass as strange as the lunar landscape. »
Merleau-Ponty – Phenomenology of the perception

With both Boris Groys’ book Going Public and the figure of Kim Kardashian as their starting-points, Grégory Chatonsky and Dominique Sirois explore the evolution of the body and subjectivity in the internet-centred context of the present day. TV-reality star Kardashian claims to have no talent other than her talent for living. However, her publication of countless selfies subsequently “liked” by millions of followers on Instagram fuels a self-referential form of celebrity that exists in a sort of feedback loop. Her orange-tinted skin seems to conform perfectly to the contours of the network, shaping today’s landscape of fame for all as predicted by Andy Warhol. This overly human skin breaks down the closer we get to it, its chinks and flaws becoming more and more apparent, not unlike the façade of a building weathered by the passing of time. This skin, stretched out beneath our gaze, embodies portraiture and ancient statuary in a contemporary way, actualizing the desire to represent and repeat the familiar paradox of inner meaning, “I is an Other”. However, in the realm of current social media, the proliferation of this Otherness has become immeasurable.
 
With Perfect Skin, Chatonsky and Sirois propose a third instalment of their research on our present’s future perfect tense. During the realization of Telofossils (2013), the transatlantic duo began to wonder what might remain of our civilization in a few thousand years, whereas Des mémoires éteintes (2015) focused on the discovery of Google servers by hypothetical extraterrestrial beings. Perfect Skin pursues this exploration of our era by way of several mediums (photo, video, textiles, ceramics, VR, etc.), honing in on the faces, bodies and skin represented on a now-vertiginous scale through social media. Chatonsky and Sirois have realized their project in a spirit of speculation, as if all these images could be condensed into one diagram of a single collective and desiring body.

Partant de la figure de Kim Kardashian et du livre de Boris Groys « En public », Grégory Chatonsky et Dominique Sirois explorent l’évolution de la subjectivité et du corps dans le contexte d’Internet. Si la star de téléréalité explique qu’elle n’a d’autre talent que celui de vivre, c’est que la publication de ses selfies « likés » par des millions d’internautes sur Instagram alimente une célébrité autoréférentielle qui boucle sur elle-même. Sa peau orangée semble épouser les reliefs du réseau et constituer le paysage contemporain d’une célébrité pour tous qu’Andy Warhol avait anticipé. Cette peau humaine, trop humaine, se dégrade à mesure qu’on s’en rapproche. Elle laisse voir ses imperfections et ses fissures à la manière de la façade des bâtiments abîmés par le passage des saisons. Cette peau étendue sous notre regard réactualise l’art du portrait et la statuaire antique, c’est-à-dire le désir de représenter, de répéter le paradoxe du sens intime: « Je est un autre » dit-il. L’altérité se répand à présent sans limites sur les réseaux sociaux.

Avec « Perfect Skin », le duo propose le troisième volet de leur recherche sur le futur antérieur de notre époque. Avec « Télofossiles » (2013) à Taipei, ils s’étaient demandés ce qu’il resterait dans quelques milliers d’années après la disparition de notre civilisation. « Des mémoires éteintes » (2015) à Bruxelles s’étaient penchées sur la découverte des serveurs de Google par une intelligence extra-terrestre. Cet épisode poursuit l’histoire de notre temps et se tourne par une multiplicité de médiums (photographie, vidéo, tissu, céramique, réalité virtuelle, etc.) vers les visages, les corps et les peaux dont les représentations ont explosé avec le réseau. Tout se passe comme si toutes ces images pouvaient être assemblées en une seule telle la cartographie d’un corps collectif et désirant.

1. Perfect Skin II (2015)
Vidéo UHD, durée variable
Un ordinateur va chercher sur le compte Instagram de Kim Kardashian ses selfies et les associent en un paysage infini.
UHD video, variable length
A computer will search selfies of Kim Kardashian on Instagram account and combine them into an infinite landscape.

2. Epidermis (2015)
Réalité virtuelle, capture vidéo HD de navigation
En se munissant d’un casque de réalité virtuelle, l’utilisateur peut se déplacer à la surface d’un corps. La disproportion entre la taille du spectateur et celle du corps, transforme ce dernier en paysage.
Virtual Reality, HD video navigation capture
With a virtual reality helmet, the user can move on the surface of a body. The disproportion between the size of the spectator and the size of the body, transforms this one into a landscape.

3. Perfect Skin IX (2017)
Impression numérique sur coton et bois, carton et coroplaste, dimensions variables
Des textures, habituellement utilisées pour recouvrir des modèles 3D, sont associées par un réseau récursif de neurones (deep learning). Ces peaux sont étendues sur des volumes faisant référence à la statuaire antique.
Digital printing on cotton and wood, cardboard and coroplast, variable dimensions
Textures, usually used to map 3D models, are associated by a recursive network of neurons (deep learning). These skins are spread on volumes referring to ancient statuary.

4. Masque De Beauté (2018)
Faiences emaillées, dimensions variables
Enamelled tiles, variable dimensions

5. Faciès (2018)
Faiences emaillées, dimensions variables
Enamelled tiles, variable dimensions

6. Skin Print (2017)
Vidéo UHD, durée 05:00:00
Des milliers d’images, habituellement utilisées par la police pour nourrir du Machine Learning et identifier des criminels, sont associées pour créer un long défilé d’empreintes. Ces traces indirectes de la peau sont la mémoire d’une identité perdue.
UHD video, duration 05:00:00
Thousands of images, usually used by the police to feed Machine Learning and identify criminals, are combined to create a long parade of prints. These indirect traces of the skin are the memory of a lost identity.

7. Artères (2018)
Impressions de peau numérique estampée sur faïence.
Impressions of digital skin embossed on faience.