Le réseau sans fil

La formule « réseau sans fil » peut sembler paradoxale puisque le réseau est habituellement ce qui est constitué d’une structure matérielle filaire, étymologiquement le réseau est la contraction entre le filet et l’eau. Cette négation du fil est-elle simplement l’expression d’une évolution technologique ( le wifi, le bluetooth)? Peut-on penser un mode relationnel sans fil? Mais s’il n’y a pas de fil entre l’utilisateur et la machine, il y a de nombreux fils après la machine, le modem, des fils qui cours sous les cloisons et les immeubles, dans les égouts et sous terre. Un réseau reste pour une grande part filaire de sorte que cette expression a deux enjeux: survaloriser un segment particulier du réseau composé de trois éléments, l’utilisateur, la machine, le modem, et d’autre part grâce à cette valorisation occulter le caractère filaire du reste du réseau.

Qu’est-ce qui provoque ce désir d’occultation? Qu’est-ce que le filaire dérange? On se prend les pieds dans les fils et un réseau filaire n’est pas simplement une circulation absolue car on peut s’y emmêler les pinceaux et on peut chuter prit tel Gulliver dans les mailles d’un réseau trop serré. Tout se passe comme si l’augmentation de la circulation d’un réseau allait avec l’accroissement de son infrastructure et la densité du tissage, son encombrement donc. Le réseau filaire est donc un réseau partiel, incidenté, qui peut devenir dysfonctionnel. De sorte que le réseau sans fil a lui pour enjeu de fantasmer un flux intégral, sans entrave, continu, un flux absolu. « Ou est le réseau sans fil? Ou est-il? ». La négation du filaire entraine le désir d’une omniprésence, d’une onde circulant partout et tout le temps. Et il s’agit là d’une négation puisque le réseau n’est que fort partiellement sans fil.