Crash the bot

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J’ai lu dans le Monde que « Uber est confronté au risque de devoir réintégrer en tant que salariés tous ses chauffeurs, aux Etats-Unis comme en Europe, ce qui menacerait son existence même. » Le journal en déduit qu’Uber devra inévitablement remplacer ses conducteurs par des robots.

Voilà ce que retiendra l’histoire : la protection sociale des êtres humains a obligé des entreprises à les remplacer par des machines. Le parcours fut progressif d’un métier contingenté à sa déprofessionalisation croissante, à sa précarité, jusqu’à sa robotisation. L’entreprise ne survivrait pas au fait d’intégrer des salariés humains en son sein donc il faut s’en débarrasser.

L’automatisation des transports arrivera dans 5 ou 10 ans.

J’imagine une version de Crash (1973) dans laquelle les voitures sont robotisées et la sexualité inorganique des êtres humains ainsi conduite. J’imagine le phantasme de ces corps qui n’ont plus à conduire, sans doute peuvent-ils encore donner des ordres à la machine, mais celle-ci a des règles. Ou alors, une petite minorité parviendra à débloquer ces règles pour soumettre les robots à leurs désirs : accélérer, accidenter, tuer. Faisant de ces machines le support de leurs phantasmes. Ils regarderaient le paysage défiler, s’ennuyant, rêvant, prononçant une parole, blessant ou tuant des innocents, revenant chez eux pour visionner les images et jouir enfin d’une réalité passée.