Contre-forme

Grégory Chatonsky et Goliath Dyèvre
Bande sonore de Christophe Charles

Dispositif comprenant un écran, trois objets imprimés en 3D et une plaque en plexiglas
Grégory Chatonsky et Goliath Dyèvre, Montréal et Pantin
Avec le soutien de COLAB (Auckland University of Technology)

« L’augmentation des choses » est un projet protéiforme créé par l’artiste Grégory Chatonsky et le designer Goliath Dyèvre. Ils se sont rencontrés pendant une résidence à la villa Kujoyama à Kyoto et ont poursuivi leur collaboration pendant un séjour à Colab au sein de l’université de technologie d’Auckland en Nouvelle-Zélande.

Le projet fait un usage intensif de l’impression 3d et porte sur l’imaginaire de la «réalité augmentée». Cette technologie permet de superposer une augmentation numérique à une réalité préexistante. Le jeu Pokemon Go a popularisé les débats soulevés par cette réalité hybride. « L’augmentation des choses » renverse les données de cette hybridation : plutôt que d’adopter la réalité telle qu’elle est, il s’agit de produire une nouvelle réalité matérielle adaptée à son augmentation digitale. Ainsi, les objets attendent leur augmentation et en les voyant seuls on perçoit l’absence qui les constitue.

Pour sa première version exposée au Centre Pompidou et nommée « Contre-forme », le projet interroge la production conjointe des objets et des désirs en traçant une ligne de partage entre la production soustractive du moule et la production additive de l’impression 3d. Dans un logiciel de modélisation, on a retiré d’un cube une forme organique. Les trois monolithes restants ont été imprimés sur une Replicator Z18. Ces sculptures matérielles sont associées à une vidéo générative dont la bande son est réalisée par Christophe Charles et qui montre la forme organique se déplacer aléatoirement et éviter les sculptures devenues invisibles à l’écran. Le parcours de la forme est entrecoupé par une fiction sur la nature de notre relation aux objets mêlant des séquences de production industrielle, de relaxation, de biens de consommation détruits, broyés, brûlés. Un monde saturé d’objets sur lesquels coule une gelée grise apparaît progressivement.

La relation entre les volumes matériels et l’organisme numérique met à l’épreuve la matérialisation habituellement à l’œuvre dans l’impression 3d. Ils deviennent inextricables comme les deux faces d’un même phénomène : la forme que l’on voit à l’écran est réellement à l’origine des volumes, amenant ces sculptures-moules à manquer d’une réalité hors de leur monde, les vidant du dedans.