Boîte noire, cube blanc & fiction grise de l’imagination artificielle – Le Pavillon – Monaco

Le texte déconstruit la critique humaniste de la boîte noire de l’IA en la comparant au cube blanc des galeries d’art. Loin de dénoncer l’opacité ou les biais algorithmiques, il propose la fiction grise : une zone indistincte où humain et machine co-créent sans hiérarchie. Cette pratique d’écriture hybride avec réseaux de neurones illustre cette aliénation réciproque : ni boîte noire à ouvrir, ni cube blanc transparent, mais une mémoire partagée, récursive et contingente. Un appel à accepter notre contamination mutuelle plutôt que de rêver à une autonomie illusoire.

Dans Du mode d’existence des objets techniques, Gilbert Simondon écrivait «la lyre ne peut être entendue que dans le silence ou avec certains bruits déterminés, comme celui du vent ou de la mer, non avec le bruit des voix ou le murmure des foules ; le son de la lyre doit s’insérer dans le monde, comme la statue s’insère. L’objet technique en tant qu’outil, au contraire ne s’insère pas, parce qu’il peut agir partout, fonctionner partout». Mais qu’en est-il lorsque l’objet technique stimule la création artistique, la fait bourgeonner — pour parler encore comme Simondon —, en cherchant à se dissimuler ou non derrière ses productions ?

Ouvrage collectif dirigé par Isabelle Lombardot
Responsables scientifiques : Ondine Bréaud-Holland, Damien Sorrentino, Mathieu Schmitt
Responsable technique : Michael Lorenzi

Avec la participation de :

Maria Barthélémy et René Sultra
Aram Bartholl
Elsa Boyer
Grégory Chatonsky
Quentin Destieu
Paul Devautour
Marie Eve Levasseur
Elena Rossoni Notter
Yuri Suzuki

La revue Pavillon, édition annuelle de l’École supérieure d’arts plastiques de la ville de Monaco, poursuit les réflexions/recherches engagées au cours du colloque de scénographie/scénologie que l’école organise.

https://pavillonbosio.com/ecole/recherche-publications/publications/revu-pavillon