Le signe dépourvu de sens

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Un point venant du dehors de cette ambitieuse conférence : la programmation informatique, dans ce qui la différencie tant des projets mathématique que physique, performative et non pas formelle ou descriptive, n’est-elle pas une forme contemporaine privilégiée de signe dépourvu de sens? Quel est le statut de ce signe ? N’oriente-t-il pas la totalité des signes scientifiques les faisant passer du formalisme ou de la description à l’opération performative qui modifie (ou invente) son objet ? Quelle est cette inventivité propre à l’informatique ? Quelle est sa relation au monde en tant que monde produit, non pas seulement par l’être humain, mais aussi par la dynamique même du code et par la relation contingente entre les deux ?

Le signe informatique est dépourvu de sens, ce sont les relations (opérateurs) qui définissent sa fonction, mais il introduit du sens dans le monde en opérant dessus et il n’y a aucune isomorphie entre ce signe et cette opérativité . La recherche contemporaine de l’absolu ne doit pas par une retour de balancier occulter la manière dont le monde aujourd’hui se constitue et à partir de quelle opérativité. Nous devons analyser l’informativité, c’est-à-dire ce qui distingue l’informatique tant du langage naturel que du langage formel des mathématiques pour parvenir à approcher l’anthropotechnologie au-delà de tout corrélationisme. Il y a une relation profonde et complexe entre l’inhumain et l’ahumain, c’est-à-dire entre « nous » et le monde sans « nous ». Il y a une double privation. Notre absence du monde est une hantise, nous devenons notre « propre » hantise parce qu’il n’y a plus de propriété à soi qui tienne.