De l’auto-archivage immédiat comme oeuvre d’art

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Notre société a une relation complexe à la mémoire et développe une hypermnésie. Cette extrême médiatisation de la mémoire s’est accentuée depuis l’apparition de l’ordinateur (bases de données fermées), d’internet (bases de données ouvertes et partagées) et la démocratisation des supports artificiels de mémoire (sites, blogs, tablettes tactiles, publications à la demande..).
Ces nouvelles possibilités d’inscriptions de la mémoire individuelle ou collective ont profondément transformé le principe et les modalités d’écriture, et tendent à réduire la distance qui sépare l’acte de création et sa restitution finale, jusqu’à en faire œuvre.
Investis par de nombreux artistes, ces supports sont à la fois interfaces et ateliers ouverts : ils favorisent une pratique quotidienne de stockage dans la lignée de Jonas Mekas ou des hupomémata tels qu’évoqués par Foucault dans « L’écriture de soi ».
Ils suscitent de nouvelles formes plastiques et esthétiques fondées sur le partage, le réseau, le flux, le fragment, et produisent un nouveau type d’archivage : l’auto-archivage immédia, qui dans sa capacité à se reconstituer en permanence, change le statut même de l’archive et notre manière d’appréhender l’information, l’histoire, l’art.

La ligne de recherche questionne l’appropriation de l’auto-archivage immédiat par les artistes. Elle se développe en plusieurs directions complémentaires et ouvertes, favorisant la pluralité des discours.
La recherche se structure en différents moments de partage, appréhendés comme des plateformes de créations concrètes :

– productions artistiques lors de résidences (Chartreuse CNES et une résidence à venir, tournée vers la publication),

– dialogues et échanges théoriques entre artistes, critiques, étudiants (séminaire de recherche à l’EESAB, RDV mensuels de discussion),

– conception d’une publication collaborative, synthétique du projet.

PUBLICATIONS
« De l’auto-archivage immédiat comme oeuvre », in Pratiques, Réflexions sur l’art, automne 2013, Presses universitaires de Rennes, 168 pages, 14 euros.
Auto-archive, livre-projet collectif de 160 pages, consignant différentes propositions, textes critiques et littéraires, 2013, 18 euros.

Direction de la recherche : Julie Morel, artiste, enseignante.
Équipe de Recherche : Reynald Drouhin, artiste, enseignant EESAB, site de Rennes, Grégory Chatonsky, artiste, enseignant  , Dominique Moulon, artiste, enseignant,  Karine Lebrun, artiste et enseignante à l’EESAB- Site de Quimper, Sylvie Ungaeuer, artiste et enseignante à l’EESAB Brest ; Gwenola Wagon, artiste, enseignante à Paris 8, chercheuse.