Boucle autoréférentielle et feedback différentiel

À propos de l’art sur l’art et de l’art vers le dehors.

La théorisation des flux ne concerne pas seulement la phénoménologie technologique. Elle permet de découvrir un modèle qui peut s’appliquer à d’autres domaines. L’un d’entre eux est ce qu’il est convenu de nommer le monde de l’art entendu comme un univers fermé sur lui-même et quelque peu autophage. Nous savons que les flux ne sont pas homogènes, qu’il en existe de plusieurs sortes et qu’avec eux on ne saurait opposer ce qui s’écoule de ce qui barre cet écoulement. C’est pourquoi le concept de résistance, loin de tout humanisme bien-pensant, fait partie intégrante du système, que le détournement est souhaité par lui. Cette diversité des flux permet une typologie entre les flux ouverts et les flux fermés. Avec le flux il y a du feedback, des tourbillons qui s’entrechoquent et interagissent. Mais là encore il faut être capable de discriminer les feedback qui s’individuent et ceux qui se répètent inlassablement. Face au monde de l’art et aux oeuvres on serait tenté de poser la question de quels types de flux sont en jeu, avec quoi ils circulent, ils machinent, à quoi sont-ils connectés. Ce n’est que dans ces entrelacements de fils qui machinent les uns avec les autres que l’art peut être considéré une machine de guerre.

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