décembre 18, 2012 0

L’expérience du possible

Par / Réflexion

Fossilisation

L’empirisme transcendantal est une des voies pour dépasser l’opposition entre criticisme et réalisme. Le fait que les conditions de possibilités de l’expérience constituent elles-mêmes une expérience permet de penser que c’est au coeur du sujet qu’on trouve des traces insistantes de ce qui est, mais un sujet sans subjectivité, un sujet anonyme et excentré (Plessner) selon le paradoxe du sens intime.

Cette voie permet aussi de repenser Kant dans sa complexité, car si la réfutation de la corrélation est un apport important de la pensée contemporaine, la question du sublime pour sa part porte une disproportion qui amène le sujet à ses limites, aux limites même du dehors. Si nous n’étions que dans la corrélation, le sublime (dans sa version dynamique et non mathématique) ne pourrait être. Il serait trop simple de vouloir résumer la philosophie kantienne à la critique du réalisme naïf, car le sublime traumatique et la passivité du sujet qui se sent exercé comme du dehors lorsqu’il se rapproche du plus anonyme en lui, montre bien que le corrélationisme n’est pas univoque et que son héritage peut être envisagé et réactivé selon plusieurs stratégies. Estimer que toute la philosophie moderne a été corrélationniste c’est régler à bon compte des démarches beaucoup plus ambigues (le post-kantisme et la phénomélogie).

Les possibles sont un mode spéculatif, mais la spéculation on en fait l’expérience de manière analogue à l’expérience des conditions de possibilités. On ne saurait ainsi circonscrire l’empirisme à l’anthropocentrisme et à la subjectivité. Il y a un empirisme du possible qui expérimente une illimitation des limites.

Cette dernière n’est pas la différence entre un sujet et un objet, mais une différence d’intensité dans la différence.

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